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Galerie Charles-Jacques Labadille

Publié le 8 novembre 2025, par Charles-Erik Labadille
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01 Village bleu 1971     02 Village jaune 1969     03 Ardèche n°6 1961 Atelier de la Fourche     04 Ardèche n° 7 1961 Atelier de la Fourche     05 Saint Céneri le Gerei n°1 Sans date     06 Saint Céneri le Gerei n°2 Sans date     07 4 Maisons bleues     08 Sans nom 1960     09 Sans nom 1969     10 Haute Provence n°4 1961     11 Maisons aux toits bleus 1960     12 Nu bleu Sans date     13 Fleurs 1950

Contributions

CJ Labadille 1946

Il y a déjà quelques temps, nous avions lancé un appel à contribution pour enrichir cette galerie. Voici les premiers résultats et nous remercions vivement les personnes qui nous ont envoyé des clichés de toiles qu’ils avaient chez eux : Marc et Françoise Guichard, Frédéric Chevrel, Raymond Rebours.

Bien entendu, notre appel à contribution continue ! Si vous possédez des toiles ou des dessins de Charles-Jacques Labadille qu’il a semé aux quatre coins de l’hexagone, pourriez-vous nous en envoyer des clichés à l’adresse mail suivante : celabadille@gmail.com

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01 Village de montagne (peut-être La Javie, 04). Sans date. Collection Marc et Françoise Guichard     02 Village, sans date. Collection Frédéric Chevrel     03 Village à la colline, 1970. Collection Frédéric Chevrel     04 Les arbres, sans date. Collection Frédéric Chevrel     05 Paysage orange et noir, sans date. Collection Frédéric Chevrel     06 Grand abstrait jaune et noir, 1970. Collection Raymond Rebours     07 Bouquet, 1956. Collection Metayer Mermoz

Dessins

CJ Labadille vers 1950

Jusqu’ici, nous n’avons guère retrouvé de dessins de Charles-Jacques Labadille. Néanmoins, en voici quelques-uns : tout d’abord une série de graphes mis en illustration d’un poème intitulé « L’aube dissout les monstres » ; ensuite deux petites illustrations « volantes » aquarellées.

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01 L’aube, 1976     02 L’aube     03 L’aube     04 L’aube     05 L’aube     06 Tête de Christ, sans date

07 Femmes, 1977

Charles-Jacques Labadille, poèmes et romans

CJ Labadille, 1933, Alençon

Si Charles-Jacques Labadille, en une trentaine d’années, a beaucoup peint, il a également beaucoup écrit : pour en savoir plus, retour en arrière sur une vie certainement trop courte (1924-1978).

Fils d’un médecin cardiologue exerçant à St-Bris-le-Vineux et Auxerre (Yonne), il se destine tout d’abord à la mise en scène, rejoint l’Institut des Hautes Études Cinématographique (IDHEC) à Paris qu’il abandonne pour des question d’argent : papa ne finance plus… Pour subvenir à ses besoins, car il a d’autres cordes à son arc, il devient pianiste pour les éditeurs de musique et les bars du Paris de l’après-guerre où il interprète ses standards de jazz favoris (Art Tatum…).

Après quelques temps de  » vaches maigres « , il se décide à entrer, la mort dans l’âme, dans le rang et au Ministère de la Reconstruction qui, en période moins troublée, deviendra le Ministère de l’Equipement… Cette nouvelle vie plus  » rangée  » ne l’empêchera pas de poursuivre les passions qui donnent véritablement sens à son existence :

  • tout d’abord, la peinture où, à Paris (la Grande Chaumière) et en Province (atelier de La Fourche), il expose seul ou en collectif (Besson, Koura, Marchal un proche de Zadkine…) pendant une trentaine d’années ;
  • mais aussi la création de pièces de théâtre et direction de troupe amateure, l’écriture de nouvelles, romans et poèsies (éditions Pierre-Jean Oswald).

Sa vie durant, il portera avec lui son infinie culture, sa grande sensibilité et quelques vieux démons :  « L’aube dissout les monstres… » écrivait Paul ÉLUARD,  « mais les monstres renaissent chaque nuit » nous dit Charles-Jacques Labadille…

Ces deux grandes fiertés : avoir été publié chez Pierre-Jean Oswald, « Jèse ou l’encubé », recueil de chants et poèmes ; et un roman « Les passagers de la Saint Simon« , au premier tome plus ou moins autobiographique, véritable saga qui se poursuivra en collaboration avec son fils.

Les passagers de la Saint Simon, c’est une véritable épopée où ésotérisme, sorcellerie, meurtres et truculence populaires se développent d’un livre à l’autre : « Zurbaritze est de passage« , « Les noces de Samain » et bientôt « Le cercle disparu« . Cette saga permet de toucher d’un peu plus près la fine limite entre le Bien et le Mal : en effet, la Saint-Simon d’automne ou Samain (chez les Celtes, Halloween pour les ricains) sont les périodes de « passage » qui séparent la saison claire de la saison sombre, la vie de la mort… Pour info, les deux premiers volets sont téléchargeables gratuitement sur ce site.

Le bien et le mal sous le soleil. CJ Labadille

« Le Bien et le Mal sous le soleil »… cette sculpture faite de bois, de fil de fer, de punaises, de papier mâché, de gouache et d’un peu de vernis, a résisté au temps et est toujours exposée dans un coin de salon. Aujourd’hui encore, je me demande pourquoi mon père, de nature pourtant plutôt mélancolique, a fait le Bien (en blanc) plus grand et plus proche du soleil que le Mal (en noir évidemment)… Il faut sans doute croire que l’espoir est chevillé au corps de l’homme !

Un bout de prose extrait d’un autre recueil de poèmes me semble parfaitement accompagner cette sculpture. Voyons voir ce « Qui me dira les ciels de Ganagobie » :

Un enfant est assis, jambes allongées, les genoux écorchés, les mollets signés par les ronces des chemins, les pieds rouges de cette poussière minérale qui saupoudre tout le pays. Le visage ne dit rien qui vaille, mais la ride verticale inscrite entre les deux yeux dit que ce gamin est plus ancien que le tronc du sapin centenaire contre lequel il s’adosse. Il a longtemps joué…

Sept gamins tournent, main dans la main, jouent à la ronde. Le petit, à l’intérieur de cette ronde, anone une comptine et désigne les enfants qui sortent tour à tour du cercle, sans que le cercle soit rompu, pour aller jouer à cache-cache, cache-tampon, colin-maillard. Bientôt, il ne reste plus que le conteur et deux petits au bord des larmes.

Car chacun sait que si, à aucun moment le cercle ne s’est relâché, si pas une seconde les mains ne se sont disjointes, le charme opéré, CELUI QUI Y’EST y sera pour la vie. Car à ce jeu-là, il y a tout avantage à ne pas être CELUI QUI S’Y COLLE, celui qui est couronné du chiffre sept, celui qui est véritablement marqué du sceau de la Bête, des sept bêtes de l’Apocalypse, celui qui devient le hors-jeu, le hors-loi, le lépreux, le pestiféré, le banni, le sorcier, le diable lui-même.

Bienheureusement, les enfants sont étourdis. Une mésange les dérange, un papillon les perturbe, un criquet dans l’herbe les agace et le cercle est souvent rompu. Il n’est pas rare de voir les deux derniers protagonistes se lâcher mutuellement les mains, par amitié, et éclater de rire. Ce sont là jeux enfantins.

Dans mon cas, le cercle ne fut jamais rompu et celui qui en dernier me tenait les mains, me les serrait à les briser. Le conteur ne me prisait pas. Lui avais-je trop gagné de billes au jeu des Capitales ? Aimait-il lui aussi Assomption, la petite rouquine qui m’aimait ? Le fait est qu’il me choisit et que j’y fus pour la vie et les siècles des siècles. Sonné comme un boxeur, cancéreux jusqu’à l’os, ivrogne jusqu’à la moelle, oh putain ! Gallois comme pas un !

Je vous l’ai dit, il faut avoir vu courir un enfant à demi-nu, à Pâques, entre les cerisiers en fleurs de Saint-Bris-le-Vineux, ou ce même enfant, blond comme il n’est pas permis de l’être, jouer à cache-cache entre les chênes verts de Ganagobie. Quant au grand christ en croix qui domine la vallée de la Durance, il y a longtemps qu’il en est revenu du monde, et de ce monde en particulier… »      CJ Labadille

Pour ceux qui préfèrent entendre ce poème, en voici une version que les frères Givone ont mise en musique avec moi :

Qui me dira les ciels de Ganagobie. Paroles CJ Labadille ; musique D & JC Givone, CE Labadille

Terminons ce tour d’horizon en poésie par un autre travail que j’ai réalisé avec mon père en 1976. Il permet d’établir un lien avec la galerie suivante où son présentées mes « oeuvres de jeunesse » ! Les poèmes sont de Charles-Jacques Labadille, les illustrations, les graphes et la mise en page d’un certain Abbads qui, je vous le jure, est encore un de mes pseudonymes. Ce recueil, paru aux Editions de l’Ecchimose, a été édité sous le nom de « V’là un brin de terre pour les ciels fauves de Ganagobie » et diffusé dans la revue du même nom par Didier Michel Bidard.

Le bien et le mal sous le soleil. CJ Labadille